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THE WHITE HOUSE CORP.
Quand les industriels U.S. jouaient aux " faucons "…


L'imbrication des intérêts industriels et financiers avec l'appareil politique des Etats-Unis n'est pas chose neuve. L'affaire Enron est venue rappeler, à sa façon, l'étroitesse des liens qui ont toujours uni les administrations aux milieux d'affaires. Dans le dossier irakien, c'est une fois encore le complexe militaro-industriel de Washington qui est aux manœuvres. Dès lors, pour bien comprendre les enjeux de cette guerre, il faut à nouveau mettre à nu les intentions cachées des principaux protagonistes de cette croisade meurtrière .

La militarisation de l'économie s'est accrue depuis la récente crise des valeurs technologiques et la volonté des premières puissances mondiales de forcer militairement l'ouverture de nouveaux marchés à leurs multinationales et, parallèlement, de placer sous surveillance rapprochée les derniers Etats non-alignés à l'ordre financier mondial. A ce contexte, présidant au redéploiement des industries de la défense, est venue se greffer une nouvelle crise économique conjoncturelle du système capitaliste. Il y eut d'abord, on s'en souvient, l'effondrement des prétendus " modèles " que constituaient alors les tigres asiatiques. On assista, ensuite, à la débâcle boursière des valeurs dites " technologiques " qui réorientèrent partiellement dès lors leurs activités vers l'électronique de défense. Le Pentagone a été largement parti prenante de ces récentes évolutions dans l'industrie de l'électronique et de l'informatique. Le département américain de la défense (" DoD ") se définit d'ailleurs aujourd'hui comme un véritable partenaire et collaborateur de l'industrie nationale, le meilleur agent commercial des nouvelles technologies en tous genres qui constituent assurément le cœur de ces systèmes d'armement ultramodernes.
Il y eut ensuite la crise du secteur aéronautique, lequel profita de l'occasion pour se " restructurer " en profondeur. Touché de plein fouet par les événements du 11 septembre, de nombreuses compagnies du secteur allaient faire basculer une partie de leurs budgets des activités civiles vers des activités militaires. C'est ainsi, par exemple, qu'il faut analyser le rachat de McDonnell Douglas par Boeing.
Pour répondre à ces différentes crises, les dirigeants du Pentagone choisirent donc, une fois encore, la solution miracle : la militarisation de l'économie à travers, entre autres, l'accroissement vertigineux des commandes militaires émises par le Secrétariat à la Défense. Une solution également appelée de leurs vœux par les représentants de la haute finance américaine et les fonds de pensions, lesquels avaient largement participé aux dernières opérations de fusions-acquisitions dans les secteurs concernés.

Passage en revue des troupes

On l'a bien compris, le nouveau complexe militaro-industriel fait aujourd'hui converger les intérêts de secteurs aussi variés que celui des Nouvelles Technologies de l'Information ou celui des télécoms avec les secteurs de l'aéronautique, de la pharmaco-chimie ou encore de l'énergie. Le tout, sous la direction centrale du Pentagone et des services secrets américains. Ce n'est donc pas seulement l'industrie du pétrole qui était demandeuse d'une intervention " musclée " dans la région mais, plus largement, des pans entiers de l'économie nationale pour lesquels la guerre en Irak constituaient une bouche de sauvetage inespérée. Il restait donc au monde des affaires à faire partager ses vues à l'administration de George Bush Jr. Nul besoin de lobby, l'entrelacement des postes et des intérêts entre l'appareil politique US et les multinationales est tel qu'il est parfaitement inutile que les barons de l'industrie fassent pression sur les dirigeants américains : ils sont faits pour s'entendre.
Les liens de l'administration Bush avec le capital privé sont multiples. Ils n'ont cessé de se tisser, depuis plusieurs années, entre ces deux univers quasi fusionnels. Il est ici impossible de reprendre l'intégralité de ces " liaisons dangereuses ". Nous ne listerons ci-dessous que les noms les plus marquants et les connexions industrielles et financières qui s'y rattachent :

Andrew CARD (chef de cabinet du Président) : ancien secrétaire aux Transports sous George Bush Sr., Card a été vice-président de General Motors.
Dick CHENEY : ancien secrétaire à la Défense sous George Bush Sr., ancien chef de cabinet du Président Gerald Ford, Dick Cheney a été président d'Halliburton de 1995 à sa nomination au poste de Vice-Président des Etats-Unis. Halliburton est une société texane de services spécialisés dans le développement de la production de gaz et de pétrole à travers le monde. Avec un chiffre d'affaires dépassant les 15 milliards de dollars et près de 100 000 employés dispersés dans plus de 130 pays, Cheney a fait de cette compagnie la première mondiale de son secteur. Dick Cheney a également été administrateur de la société d'électronique de défense EDS et de Procter & Gamble. Son épouse, Lynne Cheney a été, quant à elle, administratrice de Lockheed Martin.
Colin POWELL : le succès de l'opération Tempête du désert rapportera au Général Powell un siège au conseil d'administration d'AOL Time Warner et de Gulfstream Aerospace.
Donald RUMSFELD : le secrétaire à la Défense des Etats-Unis a été président de Gilead Sciences, GD Searle & Co. (biotechnologie, pharmaco-chimie), General Instrument (électronique de défense), et administrateur de Gulfstream Aerospace, Metricom, Rand Corporation et Amylin Pharmaceuticals.
Condoleezza RICE : la conseillère " sécurité nationale " du Président a été administratrice de la société pétrolière Chevron pendant 9 ans.
John SNOW : secrétaire au Trésor et ancien président de USX Corp. (transports, infrastructures)
Donald EVANS : ce secrétaire au Commerce, l'un des plus généreux bailleurs de fonds des campagnes électorales des Bush, est l'ancien fondateur et président de Tom Brown Inc., une compagnie active dans le secteur pétrolier. Sa sous-secrétaire d'Etat, Kathleen Cooper, est chef économiste chez Exxon Mobil.
Norman MINETA : secrétaire au Transport, Mineta a été, de 1995 à 2000, vice-président de Lockheed Martin, en charge des systèmes et services de transports.

Nécessité économique faite vertu civique
Quand le pacifisme de la diplomatie française rencontre les intérêts des multinationales

Depuis la mise sur pied de l'opération onusienne " pétrole contre nourriture " en 1996, la France est le premier importateur étranger en Irak, loin devant l'Allemagne, la Chine ou encore l'Italie. En 2001, ce seul pays représentait quelque 14% des importations de l'Irak . Soit un total de près de 660 millions de dollars pour seulement 216 millions en 1997. La valeur totale des différents produits français exportés en Irak en 2001 se décompose comme suit par secteurs : véhicules (137 millions d'euros), générateurs et transformateurs (112), matériel électrique (83), matériel médical (42), bâtiments et travaux publics (37), pompes (33) et moteurs et turbines (32). Parmi les principales compagnies privées et publiques françaises ayant multiplié ces dernières années les contrats avec le régime de Saddam Hussein on citera, plus particulièrement, les noms de Peugeot, Renault, Schneider Electric, Alcatel ou encore TotalFinaElf. Dans l'Hexagone, où l'on assiste à la fusion du CAC40 et des ministères, chacune de ces sociétés entretient, de très longue date, des relations suivies avec le personnel politique dominant.
Peugeot signa en décembre 2000 de juteux et colossaux contrats avec l'Irak correspondant à la fourniture de 1000 modèles 406 et 5000 modèles 306 en complément des 200 ambulances vendues annuellement. Jacques Calvet, ancien administrateur de Petrofina et président du groupe Peugeot jusqu'en 1997, fut pendant plus de 15 ans le bras droit de Valéry Giscard d'Estaing (VGE). Aujourd'hui, le conseil d'administration de PSA Peugeot Citroën compte dans ses rangs le baron Ernest-Antoine Seillière de Laborde, le président du Medef (patronat français) et ancien conseiller au Ministère des Affaires étrangères. Quant au patron de Peugeot, Jean-Martin Folz, il a été directeur de cabinet au Ministère de l'Industrie (1977-1978) et à celui du Commerce et de l'Artisanat (1974-1976).
Renault, quant à elle, remporta le marché des tracteurs : sur les 200 unités initialement prévues, seules 50 avaient été fournies à l'Irak avant le déclenchement de la guerre. Le président de Renault, Louis Schweitzer, a été directeur de cabinet de Laurent Fabius. Parmi les administrateurs, on citera également les noms de François de Combret (ancien chef de cabinet de VGE) et Michel Pébereau (président BNP Paribas et ancien directeur du cabinet du ministre de l'Economie René Monory).
La firme Schneider Electric, équipementier électronique, a investi le secteur irakien de la maintenance des réseaux et infrastructures. Son président, Henri Lachmann, a dirigé le comité de pilotage de France Industrie 2000 pour le Ministère de l'Economie et des Finances. Au conseil d'administration, on retrouve : Daniel Bouton (président de la Société Générale et ancien directeur du budget au Ministère des finances), Thierry Breton (président de France Telecom et ancien conseiller au Ministère de l'Education) et Jean-René Fourtou (président de Vivendi Universal et ancien directeur de cabinet du ministre de l'Industrie Pierre Dreyfus). Quant au directeur financier de Schneider Electric, il s'agit d'Antoine Giscard d'Estaing, l'un des fils de l'ancien Président de la République. Ce dernier a pour épouse Anne-Aymone de Brantès, une arrière-petite-fille d'Eugène Schneider, le fondateur de Schneider Electric…
Le Club Med, monopole européen privé de l'industrie des voyages, fut lui aussi fortement menacé par la décision américaine d'intervenir militairement en Irak. Déjà victime de l'immédiat après 11 septembre, le secteur du tourisme craignait, non sans raison, l'effet déstabilisateur d'une guerre dans cette région. Le nouveau président du Club Med est Henri Giscard d'Estaing, l'autre fils de Valéry.
Enfin, comment ne pas évoquer la firme TotalFinaElf. Cette dernière avait déjà obtenu du régime irakien des pré-accords d'exploitation pour les gisements de Majnoun et Bin-Umar, le tout correspondant à une réserve de près de 13 milliards de barils de pétrole et une production moyenne journalière de 1 million de barils. Il est tout à fait évident que les " fruits " de l'intervention militaire seront principalement, pour ne pas dire intégralement, reversés aux compagnies US (Exxon Mobil, ChevronTexaco) et, dans une moindre mesure, en guise de remerciements pour le soutien indéfectible, à l'anglo-américain BP Amoco et à l'espagnol Repsol. On ne peut pourtant pas accuser TotalFina d'avoir négligé les soutiens politiques. Jérôme Monod, ancien président du conseil de surveillance de Suez et actuel bras droit du Président Chirac, a été administrateur de la firme pétrolière de 1986 à 2001 après avoir été secrétaire général du RPR. En 2001, Monod détenait encore 867 actions de la compagnie. Au conseil d'administration de la société, on retrouvait également, son président, Thierry Desmarest (conseiller technique du Ministre de l'Industrie Michel D'Ornano, 1975-1978 ; conseiller de René Monory au Ministère de l'Economie, 1978-1980) ; Daniel Bouton ; Jacques Friedmann (ancien président d'Axa, ancien conseiller d'Edouard Balladur au Ministère de l'Industrie) ; Bertrand Collomb (président de Lafarge, ancien membre du cabinet du Ministre Alain Peyrefitte et du Ministre Raymond Haby) ; Anne Lauvergeon (présidente de la Cogema, ancienne Sherpa de François Mitterrand) ; Michel Pébereau (président de la BNP Paribas, ancien directeur de cabinet du Ministre de l'Economie et des Finances René Monory).
Bref, à l'instar des Etats-Unis, c'est une partie non négligeable de l'économie française qui était directement concernée par la situation en Irak. Le Medef fit part au gouvernement de ses inquiétudes à de nombreuses reprises. La diplomatie française s'aligna donc sur les intérêts de ses multinationales. Le vice-président du patronat français, Guillaume Sarkozy, n'en attendait pas moins de son frère, Nicolas, devenu le N°2 du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Quant au Ministre des Affaires étrangères, le très " pacifique " Dominique de Villepin, il s'accorda probablement avec son père, lui aussi membre du Medef, pour considérer que décidément cette guerre n'était vraiment pas (commercialement) juste.

Démolir, " démocratiser " et reconstruire,
c'est encore faire des affaires

L'après-guerre en Irak ne semble pas faire l'objet d'interminables luttes concurrentielles. Des contrats de reconstruction pour près de 900 millions de dollars publics ont déjà été promis, sans le moindre appel d'offres, à des sociétés américaines telles que Bechtel, Fluor, Louis Berger Group, Parsons et Halliburton. Et cela, sans compter l'intense travail de " lobbying " initié par ces mêmes sociétés pour les éventuels investissements futurs en Irak qui devraient, au total, s'élever à quelque 20 milliards de dollars par an. En réalité, nous assistons à de curieuses mais stratégiques alliances, orchestrées par Washington, augurant un " nouveau type de business : la destruction d'un pays par un marchand d'armes, puis sa reconstruction par un bétonneur. "
L'administration américaine de transition, présidant à la " démocratisation " du régime, est-elle aussi particulièrement proche des milieux d'affaires. Jay Garner, responsable de l'Office de la reconstruction et de l'assistance humanitaire et donc futur gouverneur militaire de l'Irak, était, il y a peu encore, président de la multinationale SY Technology, rachetée depuis lors par l'industriel L-3 Communications. SY Technology est à l'origine du développement de différents systèmes technologiques de guidage pour les missiles utilisés à l'occasion du conflit irakien. La société aurait touché un contrat pour plus de 100 millions de dollars du Pentagone en raison des relations suivies avec l'actuelle administration républicaine de George Bush Jr. Quant aux présidents de L-3, Frank C. Laza et Robert V. Lapenta, ils ont tous deux été vice-présidents de Lockheed Martin, l'industriel de l'armement, premier bénéficiaire des bombardements. Dick Cheney et son épouse, Lynne, ont été administrateurs de Lockheed martin. On retrouve également au conseil de L-3 le Général John Shalikashvili, ancien premier conseiller militaire de Bill Clinton, devenu administrateur de Boeing et United Defense.
James Woolsey, futur ministre " irakien " de l'Information et ancien directeur de la CIA (1993-1995), est administrateur de différentes sociétés du complexe militaro-industriel telles que BC International Corporation (chimie, énergie), Fibersense Technology (groupe Northrop Grumman), Invicta Networks (électronique et ingénierie de défense), et ancien administrateur des firmes Martin Marietta (construction, matériaux, bâtiments), British Aerospace, Fairchild et Titan (électronique de défense). C'est James Woolsey qui, le premier, a annoncé le programme à venir pour les marchands d'armes : la Syrie et puis l'Iran.
Philip Carroll, futur directeur des programmes pétroliers en Irak, n'est autre que l'ancien président de Shell Oil, la filiale US de la Royal Dutch/Shell, la compagnie énergétique anglo-néerlandaise. Carroll, après son passage par Shell Oil, est devenu le patron de la Fluor Corporation, la compagnie venant d'obtenir des contrats pour la reconstruction de l'Irak. Elle compte aujourd'hui parmi ses administrateurs, entre autres, Bobby Inman (ancien vice-directeur de la CIA), Lord Renwick of Clifton (ancien ambassadeur de Grande-Bretagne aux Etats-Unis et actuel vice-président de la banque US JP Morgan Europe) et Kent Kresa (président de Northrop Grumman). Quant au président de Fluor, le successeur de Carroll, il s'agit d'Alan Boeckmann, un membre des deux plus puissants lobbies énergétiques aux Etats-Unis : l'American Petroleum Council et le National Petroleum Council.
Certes, ce gouvernement se qualifie lui-même de " provisoire ". Son objectif : " démocratiser " le pays et le rendre " aux Irakiens ". Mais de quels Irakiens parle-t-on au juste ?
Tout d'abord d'Ahmed Chalabi, un homme d'affaires chiite exilé depuis 1958 à Londres et en Jordanie, président du Congrès National Irakien (officine d'opposition au régime de Saddam Hussein, financée dans le courant des années 1990 par la CIA) et futur maître de Bagdad. Sa candidature a été poussée par Stanley A. Weiss. Celui-ci est président du lobby Business Executives for National Security (BENS). Le BENS organise chaque année un forum ainsi qu'un dîner d'honneur " Eisenhower " au cours duquel il consacre une personnalité des Etats-Unis pour son rôle dans le soutien au complexe militaro-industriel. Cette année, les membres du BENS se réuniront à l'hôtel Carlton de Washington le 19 mai prochain pour honorer, chez Donald Rumsfeld, " sa vision du leadership dans la transformation et le développement de l'industrie de la défense ". L'année précédente, c'est Condoleezza Rice qui reçu ce prix, félicitée par Rudy de Leon, le vice-président exécutif de Boeing en charge des relations avec… le Pentagone. Quant à l'autre président du BENS et " parrain " de Chalabi, il s'agit de Charles Boyd, un ancien général de l'US Air Force et consultant de Newt Gingrich, figure légendaire de l'extrême-droite américaine. Enfin, Ahmed Chalabi a un troisième " parrain " en la personne de Frank C. Carlucci, le patron du Carlyle Group (industrie de la défense). Ce dernier a été, entre autres, vice-secrétaire à la Défense de 1980 à 1982, Secrétaire d'Etat à la Défense des Etats-Unis de 1987 à 1989, assistant du Président Ronald Reagan pour les Affaires de sécurité nationale dès 1987 et vice-directeur de la CIA de 1978 à 1980. Ancien ambassadeur US au Portugal (1975-1978), Carlucci est aussi président de Neurogen Corporation, de la société de télécoms Nortel Networks et administrateur de Ashland, Kaman (industrie militaire), Quaker Oates, Texas Biotechnology et Pharmacia. Par ailleurs, l'ancien Président des Etats-Unis, George Bush Sr., est, quant à lui, directeur exécutif du Carlyle Group dont il assure, très officiellement, la " promotion extérieure ". Enfin, on retrouve également au conseil d'administration du Carlyle Group le nom de Richard G. Darman, ancien directeur de l'office du Budget du Président George Bush Sr. entre 1989 et 1993, et celui de John Sununu, ancien secrétaire général de la Maison-Blanche sous ce même George Bush Sr.
Il nous faut également évoquer le nom de Konan Makiza qui devrait occuper un poste-clé dans le prochain gouvernement irakien. Celui-ci est consultant pour la firme de relations publiques Benador Associates. Cette dernière met à la disposition des médias divers experts " indépendants " chargés de commenter l'actualité ou d'apporter leur éclairage sur des questions stratégiques. Moyennant de généreuses compensations, les divers conseillers de Benador sont prêts à vous fournir clé en main des services de relations publiques. Parmi les conseillers : Alexander Haig (secrétaire d'Etat sous Ronald Reagan), Richard Perle (l'inventeur avec Wolfowitz du concept de " guerre préventive "), James Woolsey et…Timothy Carney, le futur ministre " irakien " de l'Industrie et du pétrole, chargé lui aussi d'assurer le transfert progressif du pouvoir à de nouvelles institutions.
Certains, visiblement aveuglés par l'abondance des faits et collusions ici dévoilées, continuent d'affirmer qu'il faut juger sur pièce et que peut-être le nouveau régime " irakien " tiendra compte des intérêts réels de la population. A ceux-ci, il nous faut rappeler l'histoire récente de l'Afghanistan, celle d'un pays bombardé et détruit avant d'être, lui aussi, reconstruit par un gouvernement fantoche des Etats-Unis dirigé par Ahmid Karzai, un ancien consultant de la société pétrolière US Unocal, celle-là même pour laquelle cette " guerre contre le terrorisme " fut menée.
Il n'est de meilleure conclusion que la confession. Alors laissons une dernière fois la parole au Professeur Stephen Rosen, fervent défenseur de la " guerre préventive " : " Il nous faudra nous imposer, avant de partir un jour d'Irak. De toute façon, on nous traitera d'impérialistes. Alors soyons des impérialistes compétents. " C'est sans doute cela le sens des affaires.
 


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