La bibliothèque virtuelle d’Aden.
Index par auteur.
Alleg Henri,
La question
"Dans cette immense prison surpeuplée, dont chaque cellule abrite une souffrance, parler de soi est comme une indécence. Au rez-de-chaussée, c'est la " division " des condamnés à mort. Ils sont là quatre-vingts, les chevilles enchaînées, qui attendent leur grâce ou leur fin. Et c'est à leur rythme que nous vivons tous. Pas un détenu qui ne se retourne le soir sur sa paillasse à l'idée que l'aube peut être sinistre, qui ne s'endort sans souhaiter de toute sa force qu'il ne se passe rien. Mais c'est pourtant de leur quartier, que montent chaque jour les chants interdits, les chants magnifiques qui jaillissent toujours du cour des peuples en lutte pour leur liberté…"
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Bricmont Jean
Lettre ouverte aux pacifistes. Texte du 23/09/2002 sur les risques de guerre en Irak.
Guevara Ernesto,
Discours à la Tricontinentale, 1967.
"Vingt et un ans se sont déjà écoulés depuis la fin du dernier conflit mondial, et diverses publications, dans un grand nombre de langues, célèbrent l’événement symbolisé par la défaite du Japon. Il règne une atmosphère d’optimisme apparent dans de nombreux secteurs des camps dissemblables qui divisent le monde.
Vingt et ans sans guerre mondiale, en ces temps de suprêmes affrontements, de chocs violents et de brusques changements, cela paraît long. Mais sans analyser les résultats pratiques de cette paix pour laquelle nous sommes tous disposés à lutter(la misère, la déchéance, l’exploitation de plus en plus grande d’énormes secteurs du monde), il convient de se demander si cette paix est réelle."
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Malcolm X
Derniers discours.
"Comme beaucoup d'entre vous le savent sans doute,
nous avions, ce soir, l'intention de dévoiler un programme à notre
avis utile à la lutte de notre peuple dans ce pays. Mais, vu certains
événements indépendants de notre volonté, nous avons...
nous estimons plus prudent d'ajourner l'exposition du programme que nous avons
en tête(1).
Dimanche dernier, vers trois heures du matin,
quelqu'un a jeté plusieurs bombes à l'intérieur de ma maison.
Il n'est pas dans mes habitudes de me laisser intimider par une poignée
d'explosifs, mais ceux-là ne furent pas seulement lancées dans
des pièces vides, où il n'y avait personne, mais dans les chambres
ou dormaient trois de mes petites filles. Respectivement six ans, quatre ans,
deux ans. Et comme je suis certain, absolument certain, que les lanceurs de
bombes connaissaient assez bien les lieux pour savoir où chacun de nous
dormait, je n'arrive pas a me résoudre à pardonner, ni même
à transiger avec des gens capables d'un acte aussi
abject. Surtout quand j'entends aujourd'hui
aux informations que Joseph, un frère que j'ai moi-même sorti des
poubelles à Detroit en 1952 oui, des poubelles, c'est bien là
qu'il était quand je l'ai trouvé [Rires], affirme que c'est moi
l'incendiaire, l'incendiaire de ma propre maison."
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